Biographie Introduction Le dessin de l`architecte vol.1 (C) Copyright by Ryszard & Marek Natusiewicz

P R E M I È R E    P A R T I E

Esquisse historique du dessin

    Des gravures rupestres aux visions créatrices des dessins des architectes du XXe siècle.

    Le dessin se sert du trait - de la ligne qui, dans la nature n’existe pratiquement pas. Seule l’arête de deux plans sécants ressemble à une ligne délimitente - nous pouvons la percevoir en nous servant de notre imagination.
    Présentés dans la partie illustrée du présent ouvrage, les exemples de lignes et leurs simples ensembles - les gravures rupestres découvertes au Maroc au milieu du XXe siècle, datées vers 4000-3000 av.J.-C. - étaient réalisées par des traits gravés à l’origine à l’aide d’un silex dur; elle représentent des animaux, des hommes, des pieds, des mains, des signes, des cercles solaires, des enchevêtrements de lignes et de cercles, qui constituaient les premières œuvres d’art étonnament surréalistes. Les dessins des environs de Djelfa et de Tassili (Algérie), d’Altamira (Espagne) et d’Égypte étaient exécutés de différente manière: leurs auteurs appliquaient des contours durs et forts ou des lignes molles, intérieurement différenciées. Les dessins les plus anciens étaient simplifiés - schématiques, en quelque sorte symboliques; les dessins ultérieurs laissent apparatre une précision de plus en plus grande, pour atteindre maintes fois la perfection des œuvres des meilleures écoles picturales. Auprès de tablaux achevés, on relève de petites esquisses qui rapellent également le mode contemporain de transmission de la forme.
    Dans la Grèce antique, il y avait déjà des peintres dont les noms sont parvenus jusqu’à nos temps. Parmi les peintres les plus prisés il y avait un Grec de Ionie - Apelles (380-301 av. J.-C.), considéré comme le plus grand créateur de son temps et, en même temps, comme un novateur éminent. Il avait d’abord travaillé dans l’île de Cos et à éphèse, ensuite il a développé ses connaissances dans le domaine du dessin et de la théorie de la peiture chez le grand Pamphilos dans la célèbre école de Sikion dans le Péloponèse. Il est connu pour avoir participé à une sorte de concours avec son ami Protogénès, concours qui a vu sans doute naîre la première œuvre d’art abstrait. Une description de ce tableau s’est conservée chez Pline l’Ancien: "Il était grand et ne contenait que des lignes à peine visibles, de sorte que parmi les grandes œuvres de nombreux peintres il donnait l’impression d’être vide, mais c’est justement pour cela qu’il attirait le regard et semblait plus noble que n’importe quel autre tableau". Transportée de Rhode à Rome, cette œuvre a brulé lors d’un grand incendie dans le Palatin - sans doute en 64 après J.-C., sous le règne de Néron.
    C’est également chez Pline l’Ancien que l’on trouve une appréciation de la peiture de la haute époque héllénistique; dans ses œuvres il vantait "l’agilité des lignes, les nuances de lumière et d’ombre, les raccourcis perspectifs".
    Vues par l’auteur dans les musées de Naples et de Rome, les peintures pompéïennes et les frises antiques renforcent la conviction que les maîtres de ces temps connaissaient la science de la perspective et qu’ils opéraient librement dans un espace à trois dimensions. Grâce aux écrits arabes, nous savons que cette discipline - la perspective spatiale - était déjà connue dans l’Antiquité et que cette connaissance est parvenue, en passant par le Moyen-Âge, jusqu’aux temps modernes.
    Durant la Renaissance, la perspective spatiale a été l’objet de l’intérêt d’artistes tels P.Uccello, Masaccio, P. Della Francesca, A.Mantegna, F.Brunelleschi, L.Ghiberti, L.B.Alberti, Leonard de Vinci, A.Dürer et autres. Dans la période du Baroque, on a continué les études sur la perspective tout en développant la science du dessin; dès cette époque, il existait de nombreuses théories de son enseignement. Les maîtres sus-mentionnés ainsi que de nombreux autres maîtres de cette période et des époques suivantes tels que G.Vasari, les frères Carracci, P.P.Rubens, N.Poussin, A.R.Mengs, J.L.David, J.A.D.Ingres ont tous tenté de systématiser ces théories. Avec le temps, le nombre d’écoles et d’académies croissait, les méthodes d’enseignement se perfectionnaient et se multipliaient. En 1720 il y avait en Europe 19 académies, notamment celles de Paris, d’Anvers, de Nüremberg, de Vienne, de Berlin et, créées par la suite, celles de Dresde, de Londres, de Pétersbourg et de Münich.
    A l’origine, le dessin avait une fonction auxiliaire, il constituaient une première image - une esquisse de solution d’un problème technique, urbanistique architectonique, d’un problème de peinture, de sculpture; ce n’est qu’avec le temps qu’il a acquis une pleine indépendance dans l’illustration, la caricature, l’art graphique, l’affiche.
    Conformément à la thèse exprimée dans l’Antiquité par Vitruve, et affirmant que c’est à l’aide d’esquisses qu’est créée une image de l’œuvre prévue, l’architecte brosse un tableau d’architecture. Afin d’illustrer cette affirmation, on a effectué un choix de dessins d’architectes qui ont fait clairement apparaître leurs recherches créatives. Certains d’entre eux sont une première esquisse graphique de la conception de l’œuvre prévue, d’autres présentent sa vision à une phase beaucoup plus avancée. Parmi des matériaux abondants, riches et diversifiés, on n’en a choisi qu’une partie, conforme aux prémisses subjectives de l’auteur. Il a fallu renoncer à certaines illustrations étant donné les difficultés techniques de leur reproduction.

Dessins de la première partie


  • Deuxième partie Monografie Le dessin de l`architecte vol.1 (P) Marek Natusiewicz